Un mois à Huaraz
- solenevalette
- 2 mai 2017
- 4 min de lecture
Mais pourquoi est-ce que j'ai délaissé les plages de Lima pour me retrouver à mourir de froid au milieu de la Cordillère des Andes tout le mois de février ?!
Pour pouvoir répondre à cette question il faut savoir que le Rotary permet à certains jeunes de Lima de passer un mois en « province » pendant les vacances scolaires.
Je voulais vraiment m'éloigner de ma ville pour un moment, déjà pour découvrir autre chose mais aussi à cause de la pollution et de l'agitation de Lima, parce que vivre dans une capitale de 10 millions d'habitants c'est parfois pesant.
Aussi un peu par rapport à mes amis exchange students, que j'adore mais avec qui je passe tout mon temps, ce qui fait que je ne parles presque pas espagnol certains jours et j'avais donc parfois l'impression de ne pas vraiment être au Pérou....
J'ai donc demandé à aller à Huaraz, sans vraiment savoir dans quoi je me lançais et ce qui est sûr c'est que je ne regrette pas !!
Le 1 février après 8h de bus j'arrive donc enfin dans cette « petite » ville de 130 000 habitants et à 3000 mètres d'altitude. Je suis accueillie dans une famille adorable et je vis avec une allemande qui en un mois deviendra presque ma sœur. L'appartement est modeste mais on s'y est tout de suite senties chez nous.
Les premiers jours, le temps d'habituer nos petits poumons à l'altitude, on a découvert la ville -traditionnelle avec ses constructions en brique et son marché en plein air- bien loin des immenses centres commerciaux ou des autoroutes de Lima. Mais le charme de Huaraz réside surtout dans ses alentours, la ville étant situées entre deux cordillères : la Blanche couverte de neige et la Noire de forêts. La vallée est donc absolument magnifique, pleine de lacs, de cascades, de falaises impressionnantes et même de glaciers. Sans oublier le côté historique avec des dizaines de sites archéologiques dont celui de Chavín connu dans tout le Pérou.
Au fur et à mesure des tours organisés à la journée par les agences de voyage, on découvre donc avec Lotte des paysages incroyables, on rencontre des gens du monde entier, on prend toutes les photos possibles et surtout on profite de l'air frais et du ciel bleu qui nous avaient tant manqués (sans oublié que saison des pluies oblige, c'est le déluge à 17h tous les soirs).
Ce n'est pas facile de respirer quand on monte faire de la randonnée à 5000 mètres d'altitude mais ça vaut mille fois le coup et ça m'avait manqué de me retrouver vraiment dans la nature...
Bon on a pas fait que du tourisme tous les jours, on est aussi restées bien au chaud dans notre petite chambre, à lire, à regarder des films, à discuter, à dormir... On a appris à connaître notre famille, on est allées se baigner dans une piscine d'eau ferrugineuse (d'où la couleur marron ^^), on a passé des heures dans une clinique pour avoir un accès au wifi, on a cuisiné, on a écouté de la musique (le rap allemand ça a son charme je vous jure), on est sorties avec notre unique mais non moins parfait ami péruvien Steven...
Pour l'anecdote je me suis quand même étiré un muscle dans une tentative de danser la salsa un soir et donc le vélo, le canyoning et le saut à l’élastique me sont passés sous le nez à la fin du voyage, mais que voulez vous, c'est la vie ^^
On a aussi eu tout plein de visites, avec deux françaises dont l'une avec sa famille. Et surtout avec ce cher Armand, venu nous embêter et vivre avec nous pendant les dix derniers jours, pour notre plus grand bonheur parce qu'au fond on l'aime bien...
J'aurais en plus de tout ça découvert un pan de la culture andine que je ne connaissais pas et le mois de carnaval aura aidé !! Les habitants de la région dont la moitié parlent encore quechua sont très attachés à leurs traditions et nous avons pu nous mêler à eux que ce soit en dansant autour d'un arbre tout en lui donnant des coups de hache pour le faire tomber ou en faisant des batailles de farines et d'eau avec les enfants comme avec les adultes. Sans compter le défilé du carnaval et les déguisements traditionnels, les processions religieuses qui traversent régulièrement la ville et les légendes en tout genres sur les rois de chaque quartiers qui meurent à la fin du mois de février et que l'on jette à la rivière. Mais le mieux aura été « Martes Guerra » (le mardi de la guerre), où la ville entière se transforme en champ de bataille géant, où il n'y a plus aucunes règles et où chacun met le pieds dehors au risque de se prendre un seau d'eau sur la tête. Les jeunes sont des milliers dans les rues avec leurs seaux non seulement d'eau mais aussi de peinture ou de cirage à chaussure !! Et les adultes s'y donnent aussi à cœur joie depuis les toits où ils lancent de l'eau sur les passants. Jeunes ou vieux, personne n'est épargné, jusqu'à l’intérieur des bus ^^ La plupart des magasins sont donc fermés, ma mère et ma sœur d’accueil ne sont pas rentrées manger à midi et sont restées sur leur lieu de travail de peur de se faire « attaquer ». Nous en temps que 3 seuls étrangers ("les gringos") à jouer dans la ville ce jour là, on aura été les cibles privilégiées de beaucoup et notre état en fin de journée n'était pas beau à voir.
C'est pour toutes ces traditions découvertes autant que pour ses paysages extraordinaires que Huaraz gardera à jamais une place spéciale dans mon cœur, avec des souvenirs gravés à tout jamais...
Je vous laisse donc avec une petite vidéo qui résume bien ce mois extraordinaire que j'ai passé, pour que vous vous fassiez une idée de la beauté de cette région malgré la qualité qui laisse à désirer.
XOXO
Votre Huaracina préférée

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